UI Investissement : le fonds, ses tickets et ses critères d’intervention

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UI Investissement est une société de gestion indépendante française qui investit en fonds propres dans des entreprises non cotées. Créée en 1967, elle intervient sur quatre métiers : le capital-développement, la transmission, le capital-innovation et la consolidation sectorielle.

  • Public visé : startups, PME et ETI, principalement en France
  • Tickets annoncés : de 100 000 euros à 50 millions d’euros selon la stratégie
  • Secteurs affichés : santé, agro-business, services et industrie
  • Signature : un réseau de treize implantations et un programme ESG baptisé Trajectoire ESG

UI Investissement, une société de gestion indépendante dédiée au non coté

UI Investissement, parfois référencée sous la raison sociale UI Gestion dans les annuaires professionnels, est une société de gestion indépendante. Son métier consiste à apporter des fonds propres à des entreprises non cotées, puis à les accompagner pendant plusieurs années. Autrement dit, elle ne prête pas de l’argent : elle devient actionnaire et partage le risque de croissance avec le dirigeant.

Cette activité appartient à la famille du capital-investissement, que l’anglais désigne par l’expression private equity. La différence avec la Bourse est structurante. L’investisseur négocie directement avec l’entreprise, conduit ses propres analyses, fixe ses conditions sans référence à un cours de marché. Un particulier qui suit des sociétés cotées, par exemple à travers une fiche comme Action Peugeot Avis et Prévision pour 2022, évolue dans un univers opposé : liquidité immédiate, information publique, arbitrage quotidien. Dans le non coté, tout se joue dans la relation directe, la confidentialité des dossiers et un horizon de temps long.

La création du fonds remonte à 1967. Plus de cinquante ans d’activité dans un secteur où beaucoup de structures disparaissent en une décennie, cela constitue un signal de solidité. La maison met également en avant son indépendance capitalistique : elle n’appartient ni à une banque, ni à un groupe industriel, ce qui limite les conflits d’intérêts au moment de sélectionner un dossier ou de préparer une cession.

Chiffres clés et implantations : les repères à connaître

Les données publiées sur le fonds varient d’une source à l’autre, souvent parce qu’elles ne sont pas datées. Le tableau ci-dessous rassemble les ordres de grandeur les plus fréquemment cités. Il faut les lire comme des repères, pas comme des chiffres audités.

Indicateur Valeur publiée
Année de création 1967
Actifs sous gestion entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros selon les sources
Investissements réalisés plus de 300
Collaborateurs environ 80
Implantations 13 selon une source, plus de dix bureaux régionaux selon une autre
Siège 6, rue Newton, 75116 Paris
Téléphone 01 42 56 66 00

L’écart entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros s’explique sans doute par des dates de publication différentes, une levée de fonds venant modifier l’assiette. Un dirigeant qui prépare un dossier a donc intérêt à demander le chiffre le plus récent aux équipes avant de le reprendre dans sa propre présentation.

Le maillage territorial constitue l’autre marqueur fort. Avec treize implantations citées d’un côté et plus de dix bureaux régionaux de l’autre, le fonds cultive une logique de proximité assumée. Pour une PME industrielle, cela change le quotidien : l’interlocuteur connaît le tissu économique local, les sous-traitants, les élus et les organismes de financement. Une collectivité qui cherche à attirer des activités y trouve aussi son intérêt, comme le montre l’Opportunité d’implantation gratuite dans un territoire proposée à certaines entreprises en phase d’installation.

Reste la question de la liquidité, souvent mal comprise par les dirigeants qui découvrent ce métier. Les capitaux confiés à un fonds de capital-investissement sont immobilisés plusieurs années, sans sortie possible à la demande. À l’inverse, un Compte épargne demeure disponible à tout moment, avec un rendement modeste mais une sécurité de principe. Les deux logiques ne répondent pas aux mêmes besoins, et un chef d’entreprise qui envisage de céder ses parts doit mesurer cet horizon avant de s’engager.

Capital-développement, transmission, innovation, consolidation : quatre métiers bien distincts

Le fonds ne propose pas un produit unique mais plusieurs stratégies, chacune répondant à une situation d’entreprise différente. Le tableau suivant résume ce qui les sépare.

Stratégie Ce qu’elle finance Ticket annoncé
Capital-développement croissance, besoin en fonds de roulement, investissements industriels, croissance externe de 1 à 50 millions d’euros
Transmission reprise d’entreprise, transition capitalistique, sortie de dirigeant même enveloppe que le développement
Capital-innovation amorçage, série A, série B, deep tech de 100 000 euros à 5 millions d’euros
Consolidation rapprochements, constitution de leaders de marché variable, via la plateforme nationale

Le capital-développement pèse le plus lourd dans l’activité : plus de la moitié des actifs sous gestion selon les données publiées, avec environ soixante-dix entreprises accompagnées sur ce seul segment. Les projets concernés ne sont pas des paris sur un modèle à construire, mais des accélérations sur une activité déjà rentable, avec un besoin clair : financer un nouveau site, absorber un concurrent, renforcer la structure financière avant une étape décisive.

Le capital-innovation s’adresse à un public différent. Plus de cent cinquante jeunes entreprises auraient été financées et accompagnées sur ce volet, avec des tickets plus modestes et un risque plus élevé. Les dossiers de deep tech, qui reposent sur des avancées scientifiques ou technologiques, y occupent une place particulière : la valorisation dépend davantage de la qualité de l’équipe et de la propriété intellectuelle que du chiffre d’affaires du moment.

Choisir la bonne stratégie revient à choisir la bonne lame au bon endroit, un peu comme un Plan de coupe bien pensé en menuiserie : une erreur de position au départ coûte cher à corriger par la suite. Un dossier de transmission mal orienté vers un fonds d’innovation, ou l’inverse, perd plusieurs mois pour rien.

Secteurs visés : santé, agro-business, services et industrie

Quatre verticales structurent la lecture des dossiers chez UI Investissement. Elles ne sont pas exclusives, mais elles concentrent l’expertise interne et le réseau d’experts mobilisables lors des due diligences.

  • Santé : dispositifs médicaux, équipements, services de soins, technologies appliquées au diagnostic
  • Agro-business : transformation alimentaire, équipements de production, marques de niche
  • Services : conseil, ingénierie, services aux entreprises, numérique et intégration
  • Industrie : mécanique, machines spéciales, relocalisation, modernisation des outils de production

Cette sectorisation n’est pas cosmétique. Elle conditionne la rapidité de l’analyse, la capacité à comparer une entreprise à ses pairs et l’accès à des dirigeants déjà passés par les mêmes étapes. Dans l’industrie, par exemple, la question du besoin en fonds de roulement et celle de la transmission familiale reviennent presque systématiquement. Dans la santé, les cycles réglementaires imposent une lecture plus longue des projets.

Critères d’éligibilité et tickets selon la plateforme mobilisée

Le fonds distingue deux niveaux d’intervention, et cette distinction explique l’essentiel des malentendus avec les dirigeants qui envoient un dossier sans connaître les seuils.

Critère Plateforme nationale Plateforme régionale
Valeur d’entreprise visée de 20 à 75 millions d’euros moins de 20 millions d’euros
Ticket d’investissement de 5 à 15 millions d’euros de 1 à 5 millions d’euros
Type d’entreprise PME et ETI avec une taille critique PME locales en croissance ou en reprise
Position au capital minoritaire, parfois majoritaire en consolidation minoritaire le plus souvent

Deux plateformes, deux logiques de sélection. Sur le national, le fonds cherche des sociétés capables de devenir des références de leur marché, avec une gouvernance déjà structurée et une équipe de direction complète. Sur le régional, le raisonnement se rapproche d’un investissement de proximité : la qualité du dirigeant, l’ancrage local et la solidité du carnet de commandes pèsent souvent plus lourd que la trajectoire de croissance à cinq ans.

Les montants cités pour les fonds régionaux donnent un ordre d’idée des moyens engagés : 44 millions d’euros pour Cap Est 2 en 2021, 40 millions pour Cap Grand Ouest 3 la même année, 30 millions pour Cap Croissance 2 en 2025. Le véhicule national Cap 7, lancé en 2022, atteint 120 millions d’euros. Ces fonds professionnels de capital-investissement, ou FPCI, sont réservés à des investisseurs avertis et ne sont pas ouverts au grand public.

Trajectoire ESG et accompagnement opérationnel des participations

L’ESG, c’est-à-dire les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, n’est plus un supplément d’âme dans le private equity. Le fonds a construit son propre dispositif, baptisé Trajectoire ESG, présenté comme le fruit d’environ deux années de recherche menées avec Mines ParisTech. Le programme repose sur vingt-sept indicateurs clés suivis dans les participations, ce qui permet de comparer une société d’une année sur l’autre et de fixer des objectifs mesurables.

Ce cadre s’inscrit dans une dynamique de place : adhésion à France Invest, référencement auprès des PRI et participation à des initiatives climatiques internationales. Pour un dirigeant, l’enjeu est concret. Un client grand compte qui exige un bilan carbone, une banque qui conditionne un financement à des critères extra-financiers, un futur repreneur qui regarde la conformité sociale : tout cela remonte jusqu’à la table de négociation.

L’accompagnement ne s’arrête pas aux indicateurs. Le fonds anime une Académie UI, un réseau de dirigeants et des rencontres entre participations, avec l’idée qu’un chef d’entreprise isolé prend de moins bonnes décisions qu’un dirigeant qui peut échanger avec des pairs confrontés aux mêmes arbitrages. Les investisseurs qui confient des capitaux à ce type de structure sont majoritairement institutionnels, avec un horizon long. Un particulier en recherche de performance rapide se tourne plutôt vers des actifs très volatils, parfois résumés par une requête comme crypto monnaie prometteuse 2030, mais ces univers n’ont ni le même horizon, ni le même niveau de risque, ni la même gouvernance.

Participations citées et opérations de croissance externe

La crédibilité d’un fonds se lit aussi dans les entreprises qu’il accompagne. Plusieurs participations reviennent dans les sources professionnelles, avec des tailles très différentes, ce qui illustre la diversité du portefeuille.

  • PHYSITEK, spécialiste des équipements, avec plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires
  • WELLPACK, autre société de taille comparable, également au-dessus de 10 millions d’euros
  • FOREX, positionnée sur un chiffre d’affaires supérieur à 10 millions d’euros
  • DIDACTIC, au-delà de 80 millions d’euros de chiffre d’affaires
  • SFEIR, société de services numériques dépassant les 100 millions d’euros

Ces exemples dessinent un portefeuille où cohabitent des PME régionales en structuration et des ETI déjà installées sur leur marché. La croissance externe y tient une place centrale : racheter un concurrent, ouvrir une implantation, intégrer une brique technologique manquante. C’est précisément le type d’opération où l’apport d’un actionnaire de long terme change la donne, parce que l’entreprise peut négocier sans la pression d’un financement bancaire à court terme.

Déposer un dossier, rejoindre les équipes et contacter le fonds

Un dirigeant qui souhaite présenter un projet doit préparer trois éléments avant tout échange : une présentation claire de l’activité et du marché, les comptes des trois derniers exercices, et l’usage précis des fonds demandés. Le montant seul ne suffit pas à qualifier une demande : la question posée est celle de la valeur créée après l’entrée au capital.

Les sources professionnelles citent plusieurs interlocuteurs associés à la structure, notamment Michel Deprez, Olivier Jarrousse, Aymeric Balmont et Vincent Joseph, dont les périmètres respectifs évoluent avec l’organisation. Le siège est établi au 6, rue Newton, dans le 16e arrondissement de Paris, et le standard répond au 01 42 56 66 00. Le recrutement, de son côté, suscite une curiosité réelle : les candidats cherchent souvent à comprendre la culture maison et le déroulé des entretiens avant de postuler, ce qui pousse certains à consulter des fiches détaillées sur le sujet.

Avant toute prise de contact, une vérification s’impose : les chiffres d’actifs sous gestion et les seuils de tickets doivent être confirmés sur le site officiel du fonds, car les publications tierces sont rarement datées. C’est la condition d’un échange utile, que l’on soit entrepreneur en recherche de fonds propres ou investisseur qui évalue la solidité d’un gérant.

UI Investissement peut-il investir dans une société cotée en Bourse ?

Non. Le fonds intervient exclusivement au capital d’entreprises non cotées, ce qui exclut toute prise de participation sur un marché réglementé. La logique est différente : négociation directe avec le dirigeant, analyse approfondie du dossier et horizon de détention de plusieurs années.

Quel montant minimum faut-il viser avant de proposer un projet ?

Tout dépend de la plateforme concernée. En capital-innovation, les tickets démarrent autour de 100 000 euros. Sur la plateforme régionale, ils se situent entre 1 et 5 millions d’euros. Sur la plateforme nationale, ils commencent à 5 millions d’euros pour atteindre 15 millions, avec une valeur d’entreprise cible supérieure à 20 millions d’euros.

Combien de temps le fonds reste-t-il au capital d’une entreprise ?

Aucune durée n’est garantie contractuellement, mais la logique du capital-développement suppose une présence de plusieurs années, généralement de l’ordre de cinq à sept ans. Une brève présence au capital serait incompatible avec la construction d’un projet industriel ou la consolidation d’un marché.

Le fonds prend-il le contrôle des sociétés qu’il finance ?

Dans la majorité des cas, il entre au capital en position minoritaire et laisse la direction au dirigeant en place. Des situations majoritaires existent, notamment dans les opérations de transmission ou de consolidation sectorielle, où la gouvernance doit être repensée et où un actionnaire de référence est nécessaire.

Un chiffre d’affaires minimum est-il exigé pour être éligible ?

Aucun seuil universel n’est publié, car le critère déterminant reste la valeur d’entreprise et la cohérence entre la demande de financement et le stade de développement. Une société de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires peut intéresser la plateforme régionale, tandis qu’une ETI de 80 millions relèvera davantage du niveau national.

Que se passe-t-il concrètement après l’entrée au capital ?

Le suivi s’organise autour d’une gouvernance formalisée : comités de suivi, reporting régulier, indicateurs de performance et suivi des vingt-sept critères du programme Trajectoire ESG. L’accompagnement comprend aussi un volet opérationnel, avec l’Académie UI et un réseau de dirigeants de participations, pour rompre l’isolement du chef d’entreprise.