French Tech 120 : fonctionnement, critères 2026 et intérêt du programme pour les scale-ups

  • Le French Tech 120 est un programme d’accompagnement de l’État, piloté par la Mission French Tech, qui distingue chaque année 120 start-up et scale-ups françaises en hyper-croissance.
  • Les 40 plus avancées forment le Next40, un sous-groupe du French Tech 120.
  • Pour 2026, il fallait au moins 20 M€ de chiffre d’affaires avec 15 % de croissance annuelle moyenne, ou 20 M€ levés depuis janvier 2022, plus une preuve d’innovation.
  • La promotion 2026 a été dévoilée mi-juin 2026 : 34 nouveaux entrants, 11,3 Md€ de chiffre d’affaires cumulé.

Le French Tech 120 n’est ni un fonds d’investissement ni une subvention. C’est un label annuel assorti d’un accompagnement public : l’État sélectionne les 120 jeunes entreprises technologiques françaises qu’il juge en capacité de devenir des leaders de rang mondial, puis leur ouvre un accès privilégié à ses administrations et opérateurs. Lancé en 2019, le dispositif en est à sa septième promotion. Voici ce qu’il faut savoir sur son fonctionnement, sur les règles de sélection qui se sont durcies en 2026 et sur ce que ce label change réellement pour une entreprise, ses investisseurs et ses partenaires.

French Tech 120 : définition du programme d’accompagnement de l’État dédié aux scale-ups

Le programme French Tech Next40/120 a été créé par la Mission French Tech, l’administration rattachée au ministère chargé du numérique qui anime l’écosystème des start-up françaises. Son principe tient en une idée : les entreprises qui grandissent très vite se heurtent à des obstacles administratifs, réglementaires ou internationaux que leur taille ne leur permet pas toujours de traiter seules. L’État leur propose donc un interlocuteur identifié et un accès accéléré à ses services.

Concrètement, le French Tech 120 désigne l’ensemble des 120 lauréats. Parmi eux, les 40 entreprises les plus avancées composent le French Tech Next40, souvent présenté comme l’indice phare de la tech française, par analogie avec le CAC 40. Les deux listes ne sont donc pas concurrentes : être dans le Next40, c’est forcément être dans le French Tech 120.

Le label est attribué pour un an. Chaque printemps, les candidatures sont rouvertes, y compris pour les entreprises déjà lauréates, qui doivent repasser la sélection. La composition de la liste évolue donc d’une année sur l’autre, au gré des performances, des rachats, des introductions en Bourse ou des difficultés rencontrées par certaines sociétés.

Promotion 2026 du French Tech Next40/120 : les chiffres à retenir

La promotion 2026 a été dévoilée le 15 juin 2026, à la veille du salon VivaTech, puis présentée officiellement par la Mission French Tech dans les jours suivants. Elle confirme une tendance : les lauréats sont plus matures, plus internationaux et plus souvent issus de la deeptech qu’aux débuts du programme.

Indicateur Promotion 2026
Nombre de lauréats 120, dont 40 au Next40
Nouveaux entrants 34, dont 15 directement au Next40
Promotions internes 10 entreprises passées du French Tech 120 au Next40
Chiffre d’affaires cumulé 11,3 Md€ (contre 10 Md€ pour la promotion 2025)
Croissance annuelle moyenne 31 %
Entreprises au-delà de 100 M€ de chiffre d’affaires 30
Emplois environ 46 000 dans le monde, dont 33 500 en France
Présence internationale 97 % des lauréats, dans 89 pays, 38 % du chiffre d’affaires réalisé à l’étranger
Premier secteur représenté GreenTech, avec 25 entreprises

Derrière la GreenTech, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et l’informatique quantique figurent parmi les secteurs les mieux représentés. Parmi les entrées directes au Next40 citées lors de l’annonce : AMI Labs, Aura Aero, Hublo, Legalplace ou Quobly. Un autre chiffre mérite l’attention : 46 % des lauréats hors deeptech sont rentables, ce qui nuance l’image d’entreprises qui brûleraient de la trésorerie sans modèle économique solide.

Critères de sélection du French Tech 120 en 2026

L’édition 2026 marque un tournant. Pendant plusieurs années, la levée de fonds pesait lourd dans l’accès au label. Désormais, une entreprise qui a beaucoup levé sans développer de technologie propre doit justifier sa place face à des concurrentes qui investissent dans la recherche. Les candidatures étaient ouvertes jusqu’au 18 mai 2026 sur la plateforme Démarches Numériques.

Les seuils économiques d’éligibilité

Pour entrer dans la sélection 2026, une entreprise devait remplir l’une de ces deux conditions :

  • un chiffre d’affaires d’au moins 20 M€ sur l’exercice 2025, avec une croissance annuelle moyenne d’au moins 15 % sur trois ans ;
  • ou un montant levé d’au moins 20 M€ entre janvier 2022 et mai 2026.

Ces seuils ouvrent la porte, mais ne garantissent rien : ils servent à constituer le vivier dans lequel les comités choisissent.

L’innovation technologique comme filtre supplémentaire

La nouveauté de 2026 tient à la prise en compte de l’intensité d’innovation. Les dépôts de brevets, le recours aux aides publiques à l’innovation et l’utilisation du crédit d’impôt recherche ou innovation entrent dans l’évaluation. Les engagements en matière de transition écologique, de parité et d’inclusion ont également compté. Une attention particulière a été portée aux entreprises qui touchent à la souveraineté numérique, à la santé, à la transition écologique et à la réindustrialisation.

Un comité spécifique pour le Next40

Autre changement : un comité dédié sélectionne désormais les 40 entreprises du Next40. Il s’appuie sur cinq critères, à savoir la croissance, la performance économique, l’innovation technologique, la présence internationale et la création d’emplois en France.

Next40 ou French Tech 120 : ce qui distingue les deux niveaux

La confusion entre les deux appellations est fréquente, y compris dans la presse. Le tableau ci-dessous résume les différences.

French Tech 120 French Tech Next40
Nombre d’entreprises 120 au total 40, incluses dans les 120
Profil Scale-ups en hyper-croissance, souvent en phase d’accélération Entreprises les plus avancées, parfois licornes ou proches de ce stade
Sélection 2026 Seuils de chiffre d’affaires ou de levée, plus critères d’innovation Comité dédié, cinq critères dont l’emploi en France
Visibilité Label reconnu par les investisseurs et grands comptes Exposition maximale, présence fréquente dans les délégations officielles
Accompagnement Accès au réseau de correspondants publics Même socle, avec un suivi plus rapproché

Ce que le programme French Tech 120 apporte concrètement aux lauréats

Le cœur du dispositif repose sur un réseau de correspondants identifiés dans une soixantaine d’administrations et d’opérateurs publics : services fiscaux, douanes, URSSAF, préfectures pour les titres de séjour des talents étrangers, autorités de régulation, organismes de normalisation. Lorsqu’une entreprise bloque sur un dossier, elle sait à qui s’adresser, et la Mission French Tech peut jouer les facilitateurs.

Bpifrance et Business France complètent ce socle. Le premier accompagne les lauréats sur les sujets de financement et de croissance, le second sur le développement international, en particulier lors des salons et des déplacements officiels. Les entreprises du programme sont aussi régulièrement associées aux délégations ministérielles à l’étranger, ce qui leur donne accès à des décideurs difficiles à approcher autrement.

Il faut en revanche être clair sur ce que le label n’est pas. Il ne s’accompagne d’aucune enveloppe de subvention automatique et ne dispense d’aucune obligation légale. Son effet le plus tangible reste souvent indirect : la crédibilité qu’il apporte auprès des investisseurs, des grands clients, des candidats à l’embauche et des partenaires industriels. Pour une entreprise qui négocie un tour de table ou un premier contrat avec un groupe du CAC 40, la mention French Tech 120 rassure.

Du premier classement de 2019 à la septième promotion : l’évolution du label

Annoncé début 2019, le programme a vu sa première liste dévoilée en septembre de la même année. À l’époque, l’objectif affiché était de faire émerger des champions capables de rivaliser avec les géants américains et asiatiques, et la levée de fonds servait de marqueur principal de dynamisme.

Au fil des promotions, plusieurs inflexions sont apparues. Les critères de chiffre d’affaires et de croissance ont pris de l’importance pour éviter de récompenser uniquement la capacité à lever. Des programmes voisins ont été créés pour des publics spécifiques, comme French Tech 2030, consacré aux projets technologiques jugés stratégiques. En 2026, la prise en compte des brevets et des aides à l’innovation pousse la sélection vers des entreprises qui produisent de la technologie propriétaire, ce qui explique la montée en puissance de la deeptech dans la liste.

Cette trajectoire reflète un changement de priorité publique : moins de communication sur le nombre de licornes, davantage d’attention à l’emploi en France, à l’industrialisation et à la souveraineté technologique.

Erreurs fréquentes autour du French Tech 120 et conseils pour une candidature

Plusieurs idées reçues circulent sur le label. Les corriger évite des attentes mal placées, côté dirigeants comme côté investisseurs.

  • Confondre label et financement. Être lauréat ne déclenche aucun versement. Le gain est relationnel et réputationnel.
  • Croire que le label est acquis durablement. Il se rejoue chaque année, et une entreprise peut sortir de la liste si ses indicateurs reculent.
  • Miser uniquement sur la levée. Depuis 2026, un dossier fondé sur un gros tour de table sans actifs technologiques démontrables est fragilisé.
  • Négliger les pièces justificatives. Chiffres d’affaires certifiés, historique de croissance, brevets, aides obtenues : un dossier incomplet est rarement repêché.
  • Oublier l’emploi en France. Pour le Next40, la création de postes sur le territoire fait partie des critères explicites.

Pour préparer une prochaine candidature, mieux vaut documenter dès maintenant la propriété intellectuelle de l’entreprise, conserver une trace claire des dispositifs publics utilisés et suivre le calendrier publié par la Mission French Tech, qui ouvre généralement l’appel à candidatures au printemps. Pour les points fiscaux ou juridiques propres à chaque société, l’avis d’un expert-comptable ou d’un conseil reste recommandé.

Lire la liste French Tech 120 quand on investit ou qu’on cherche des locaux d’innovation

Pour un investisseur, la liste des lauréats sert de radar plutôt que de recommandation. Elle signale des entreprises qui ont franchi un seuil de traction vérifié par l’État, mais elle ne dit rien de leur valorisation ni de leur rentabilité future. La consulter chaque année permet surtout de repérer les secteurs qui montent, comme la GreenTech et le quantique en 2026.

Pour un parc d’activités tourné vers l’innovation, ces entreprises sont aussi des locataires potentiels exigeants. Une scale-up en hyper-croissance recrute vite et cherche des surfaces modulables, des laboratoires ou des ateliers, et un environnement où croiser d’autres acteurs technologiques. La réindustrialisation mise en avant par la sélection 2026 rapproche d’ailleurs la tech de la sous-traitance industrielle : une start-up de l’énergie ou de l’aéronautique a besoin de partenaires comme Techni Industrie pour passer du prototype à la petite série.

Le choix d’un site d’implantation se joue aussi sur des détails pratiques souvent sous-estimés : accès logistique, sécurité, contrôle des entrées. Sur ce dernier point, notre guide Comment bien choisir son portail en Loire-Atlantique rappelle les critères de matériaux et de motorisation qui valent pour un bâtiment d’activité comme pour un site privé.

Enfin, la French Tech reste un sujet politique autant qu’économique. Les annonces de promotion sont portées par les ministres successifs chargés du numérique, et l’actualité gouvernementale influence le calendrier comme les priorités. Notre rubrique actualité couvre ces sujets avec des formats variés, du décryptage économique au portrait, comme notre article sur le gabriel attal couple, qui revient sur une figure de la vie publique française.

Combien d’entreprises font partie du French Tech 120 ?

La liste compte 120 entreprises. Les 40 premières, sélectionnées par un comité dédié, constituent le Next40, qui fait partie intégrante des 120.

Le label French Tech 120 est-il attribué pour plusieurs années ?

Non. Il est valable pour une promotion annuelle. Les lauréats doivent candidater de nouveau chaque année et peuvent quitter la liste si leurs résultats ne répondent plus aux critères.

Une start-up sans levée de fonds peut-elle entrer dans le French Tech 120 ?

Oui, en théorie. En 2026, une entreprise pouvait être éligible avec au moins 20 M€ de chiffre d’affaires et 15 % de croissance annuelle moyenne sur trois ans, sans avoir levé de fonds. Elle devait toutefois démontrer sa capacité d’innovation.

Le French Tech 120 donne-t-il droit à une aide financière de l’État ?

Le programme ne verse pas de subvention automatique. Il offre un accès facilité aux administrations, à Bpifrance et à Business France, ainsi qu’une visibilité qui aide dans les négociations avec investisseurs et clients.

Quand sera connue la promotion 2027 du French Tech Next40/120 ?

Le calendrier officiel n’est pas encore publié. Les éditions récentes ont ouvert les candidatures au printemps et annoncé les lauréats en juin, autour de VivaTech. Il est prudent de surveiller les communications de la Mission French Tech à partir de mars.